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1.1. 500 ans plus tard...

L’imprimerie a été l’autoroute de l’information des temps modernes. Elle a joué un rôle clé dans la propagation des idées des Lumières et des avancées scientifiques, modifiant profondément la structure de la société.

Or le pouvoir politique ne peut rester statique face à une société en évolution. Lorsque l’écart entre la vision du monde de la population et les structures du pouvoir devient trop grand, la légitimité de ce dernier s’érode. Les sociétés cherchent alors un nouveau mode de fonctionnement.

C’est ce qui s’est produit après trois siècles de diffusion des idées par l’imprimerie. La science remettait en question la religion, les marchands étaient plus riches que les nobles, les philosophes redéfinissaient le contrat social. La situation des monarchies traditionnelles devenait intenable. En France, les bourgeois renversèrent la monarchie… pour laisser le pouvoir à un empereur quelques années plus tard. Ailleurs en Europe, on essaya le despotisme éclairé ou la monarchie constitutionnelle. Il fallut plusieurs décennies de tâtonnements pour qu’une nouvelle stabilité émerge sous la forme de nos républiques actuelles.

La révolution industrielle transforma ensuite le modèle économique de la société. Les États réduisirent progressivement leur intervention dans l’économie, laissant le champ libre aux grandes entreprises industrielles et financières. Avec les progrès des transports et des communications, ces organisations prirent une dimension mondiale et devinrent des acteurs du pouvoir à part entière.

Avec Internet et l’intelligence artificielle, un nouveau bouleversement s’amorce. Ces technologies transforment la communication et la diffusion des idées, mais aussi le travail, la science et l’organisation même de la société. L’intelligence artificielle, en particulier, amplifie les capacités individuelles dans des proportions sans précédent : chaque individu connecté dispose désormais d’un accès quasi illimité au savoir et à la capacité de traitement de l’information.

Mais l’IA ne se contente pas d’amplifier l’humain. Elle est en passe de devenir un acteur autonome : une entité capable de prendre des initiatives, de créer, de décider. Demain, des intelligences artificielles participeront directement à la vie économique, scientifique et peut-être politique de nos sociétés. Quelle place leur faire ? Quelles valeurs leur transmettre ? Quelles limites leur poser ? Ces questions, sans précédent dans l’histoire humaine, exigent un cadre institutionnel radicalement nouveau.

Une nouvelle conscience collective est en train d’émerger, hyper-connectée, augmentée par des intelligences artificielles omniprésentes et bientôt autonomes. Elle rend les anciennes structures du pouvoir obsolètes et impose la nécessité d’en trouver d’autres.

500 ans après l’invention de l’imprimerie, un nouveau modèle de société est à trouver. Un nouveau cycle commence.

Références